Tinder Lovers

170 x 65 cm, Bleu de Hainaut également surnommé «Petit Granit»
Portraits photographiques réalisés à New-York, redessinés puis gravés à la main

Gravure réalisée par Ayrton De Matos Paulo
Tailleur de pierre, marbrier chez les Compagnons du Devoir

Cette oeuvre a reçu le soutien de l'Ecole Nationale Supérieure de la Photographie

 

New-York, ville associée dans l’imaginaire collectif aux comédies romantiques, est la ville au monde où il y a le plus de célibataires. C’est aussi sans surprise celle où les applications de rencontres sont les plus utilisées.

Elles permettent grâce à un système d’algorithmes élaborés, de «faciliter» la compatibilité entre les utilisateurs.trices.

Comme si nous pénetrions dans un mall américain, les profils de consommateurs.trices sont ciblés, les choix trop nombreux, le mode de fonctionnement crée la frustration et le désir en même temps.

Avec curiosité et sans jugement, j’ai décidé d’utiliser Tinder (l’application de rencontre la plus populaire à New-York) et de me plier au jeu de la rencontre amoureuse 2.0 : de la séduction via emojis à la rencontre physique. Sans vraiment expliquer qu’il s’agissait d’un projet artis- tique, j’ai réalisé des portraits photographiques de tous ceux que j’ai rencontré.

Comme un wall of fame du meilleur employé du mois ou bien une plaque commémorative dont sont si friands les américains, les portraits de mes six meilleurs dates ont été redessinés puis gravés à la main dans la pierre.

Monument funéraire à la gloire des amours mortes avant d’exister, Tinder Lovers matérialise ironiquement dans une pierre dure, dense, massive, tout un monde absurde, digital et im- palpable. Il questionne l’impermanence de ce type de relations, la froideur des rencontres, l’interchangeabilité des personnes, la recherche d’efficience permanente.

Le choix de cette roche granitique fait écho à la légende selon laquelle la ville de New-York puiserait son énergie et sa particularité dans son sol granitique, qui diffuserait des vibrations particulières.

Exposition Retours d'ailleurs, galerie Arena, Arles

Carte Blanche du PSG

La Première fois que je me rends au Parc des Princes voir un match du PSG j’ai huit ans et je suis trop petite pour bien voir ce qu’il se passe sur le terrain. C’est mon grand-père qui m’emmène, il me décrit tout ce qu'il se passe sur le terrain.

C’est exactement vingt ans après que je suis invitée dans le cadre de la Carte Blanche Photographique du PSG  à poser mon regard sur le club.

Tout de suite j’ai envie de travailler avec les supporters. De montrer leur diversité, dans le stade et en dehors. Spontanés ou au contraire mis en scène, les portraits ne cherchent pas à donner une vision exhaustive des supporters du PSG. L'idée est au contraire de montrer qu'il y a autant de manières de soutenir le club que de personnes. C'est une foule aussi unie que disparate. 

Les Frondatrices

Les Frondatrices est une association composées de femmes entrepeneures dont les domaines de recherches et d'action mêlent nouvelles technologies et médecine. 

55 -travail en cours-

55 est une oeuvre photographique et vidéo réalisée avec Juliette Seban.

 

Le titre fait référence à la loi de 1955 relative à l’état d’urgence (loi n°55-385). 

Elle permet au pouvoir exécutif de réaliser des perquisitions, assignations à résidence ou contrôles d’identité à l’égard de toute personne envers laquelle il y a « des raisons de penser » qu’elle peut menacer la sécurité ou l’ordre public.

Dans un contexte général oppressant, inquiétant, où le pouvoir exécutif 
se base sur des suppositions et des projections, 55 interroge le rôle des outils photographiques. Ils permettent d’enregistrer, d’identifier, de scanner,  de surveiller, de réaliser des portraits-robots, d’archiver les données physiques, d’analyser jusqu’à la dissection. En se mettant au service d’un exécutif qui projette ses propres inquiétudes, un écart se crée entre ce qui est et ce que l’on suppose être.

Peuvent-ils aussi fausser les informations ? Rendre inquiétant celui qui ne l’est pas ? C’est la légitimité même de la représentation photographique dans ce qu’elle a de perméable à l’intention dont elle est l’objet qui est questionnée. 

 

55 a été projeté au Palais de Tokyo le 25 janvier 2018.

Le Bon Coin

"La Fabuleuse Histoire du Jouet d'occasion"

Le Bon Coin, site internet qui met en relation des particuliers afin de permettre la vente d'objets de seconde main, a créé en décembre 2017, dans le centre de Paris, un pop-store intitulé La Fabuleuse Histoire du Jouet d'occasion dans le but de favoriser la consommation éco-responsable. 

Afin de répondre à cette commande, je me suis rendue chez différentes familles pour photographier des enfants avec leurs propres jouets.

 

 

 

Drieux-Combaluzier

La Maison Drieux-Combaluzier, connue pour ses ascenseurs de fabrication française désirait mettre en avant ses valeurs et son savoir-faire ancien lorsqu'elle m'a sélectionnée pour une Carte Blanche Photographique. 

J'ai tout de suite eu envie non pas de photographier de l'architecture ou des ascenseurs mais ceux qui les fabriquent, les réparent ou les entretiennent. C'est au sein même des ateliers de Drieux-Combaluzier que j'ai construit un studio photo afin de faire poser les employés, dans un jeu entre vrai et faux, entre mise en scène et réalité où chacun joue son propre rôle.

Ce travail a ensuite donné lieu à un livre et une exposition.

Love

Laure & Lucas

Coralie & Antoine

Sophie & Lionel

Sophie & Steve

Céline & César

PORTRAITS

Rémy Fenzy Directeur de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie Arles, 2016

Marion Tylec Artiste Lisbonne, 2014

Françoise Estagnasie, Magicienne, Paris, 2016

Christaan Felber, Photographe, New-York, 2016

Svetlana Lazareva, Mannequin IMG Model, New-York, 2016

Juliette Maurin, Chanteuse lyrique, Cancale , 2016

(Dans) leurs lits

(Dans) leurs lits est une installation composée de photographies, négatifs sous verre, installation sonore et textes.
Mes modèles sont dans un premier temps mises à nu par l’écriture.
À ma demande, chacune raconte l’expérience d’une rencontre amoureuse. Au fur et à mesure des écrits que je reçois, mes interrogations grandissent.
Comment parler de relations amoureuses ? Comment se raconte-t-on soi-même ?
A l’heure des réseaux sociaux, de la téléréalité, de l’hyper- sexualisation, de l’hyper-exposition de soi où se situe l’intime? Le privé ? Qu’est-ce qui nous appartient encore ?
Comme dans un journal intime collectif, les fantasmes, les anecdotes, les déceptions, ce que l’on assume pas, ce qu’on ne raconte pas, ce dont on a honte, ou au contraire, ce que l’on garde précieusement pour y repenser avec délice, s’entrecroisent et se mêlent.
Les histoires se ressemblent et se contredisent dans un
équilibre contradictoire, entre singularité et banalité.
C’est ensuite chez mes modèles, dans leurs chambres, dans leurs lits qu’une négociation entre photographe et modèle opère.
Mais négocier ne signifie pas que les deux parties se retrouvent à mi-chemin : cela implique de ne pas obtenir ce que l’on espère parfois, mais peut- être obtenir plus que prévu.

The Would Be Me

 

Relations à peine esquissées mais avortées, passions qui un jour ont cessé, histoires d’amour mortes avant d’exister.
Des évènements infimes, un contexte inapproprié, des ressentis minuscules ou énormes, de mauvaises interprétations, des ratés, dont la conséquence est une déviation de chemin.
En abandonnant ces pistes, on renonce aussi aux vies possibles qui y sont associées.
C’est l’âge où les choix que l’on fait dans nos vies amoureuses impactent : se marier, avoir un enfant, épouser le style de vie, la religion, la famille ou le milieu social de son conjoint.
J’ai recontacté toutes ces personnes qui ont traversé à un moment ma vie afin de mettre en scène l’hypothétique futur que l’on aurait eu ensemble. Si l’histoire avait eu lieu, si la relation s’était développée, officialisée ou si elle avait continué.
L’image est le résultat d’une expérience performative. Pendant la durée de la prise de vue, les modèles et moi-même vivons ces vies imaginaires. Je fais les courses avec un nouveau-né, passe l’après-midi à la salle de sport, ou déjeune avec une famille qui pourrait être ma belle-famille.
C’est un travail qui se situe entre un passé révolu, le présent de la prise de vue, et un futur qui n’existera pas.