Statement

Pauline Rousseau est née en 1989, après des études de littérature (hypokhâgne) elle intègre l’Ecole du Louvre dont elle sort diplômée en 2012. Elle est acceptée à l’ENSP en 2013.

Il y a plusieurs manières d’appréhender le monde, la sienne passe par la rencontre, la parole, la confrontation à l’altérité. Le processus créatif est proche de l’enquête, l’appareil photo est prétexte, argument, arme pour intégrer des milieux différents.Le geste photographique est transgressif, agressif, sous tension, ironique.
Il questionne sans cesse le rapport photographe/modèle. Que comprend-on d’une personne que l’on photographie ? Comment le montrer ?

La négociation est permanente. Mais négocier ne signifie pas que les deux parties se retrouvent à mi-chemin : cela implique ne pas obtenir ce que l’on espère parfois, mais peut- être obtenir plus que prévu. Ce rapport se complexifie d’autant plus lorsqu’une notion de genre entre en jeu. Que signifie être une femme qui photographie des hommes ? Que se passe-t- il lorsqu’une équation vieille de plusieurs millénaires : homme/créateur/actif/regardeur femme/muse/passive/objet des regards est ébranlée ? Qui dirige la prise de vue ? Construit-on ensemble l’image ? Où se situe la confiance ?

Les modèles sont tous des jeunes adultes qui essayent de se construire dans une société normative ou peu de place est laissée à celui qui voudrait être autre que ce qu’on lui impose. Le travail en série permet de montrer les ressemblances ou au contraire les disparités, au sein d’un même groupe de personnes. Interrogeant par là des questions d’identité et de représentations de soi.